Dyschroniques

Par ce billet, je souhaite mettre en avant une collection des éditions Le Passager Clandestin, petit éditeur indépendant militant auquel je suis fidèle. C'est souvent lors de manifestations littéraires que je le retrouve, piochant sur le stand, et c'est toujours une agréable surprise lorsque je croise leurs titres en évidence, sur table, sur présentoir, dans une librairie. 

- Le site des éditions Le Passager Clandestin ICI -

Cette collection se nomme Dyschroniques. Elles proposent des textes courts d'auteurs SF des années 50 à 70; des textes que l'on pourrait qualifier d'anticipation. Evidemment, les thèmes de ces récits ont une résonance avec la société contemporaine ( écologie, consommation, politique, répartition des richesses, technologie... ), s'emparant d'un aspect du quotidien, d'un fait de société, et imaginent la dérive, l'excès, l'absurde possibles, en contre-utopie.

- Les titres de la collection ICI -

Avote

Dans cet opus signé Isaac Asimov, il s'agit d'un vote pour une présidentielle américaine en 2008 sur un texte écrit en 1955. Bien que très courte, la nouvelle dit beaucoup : elle met en scène autant le vote que les sondages ainsi que les abus technologiques, décrivant la " démocratie électronique ", un monde dépendant d'un super ordinateur et des statistiques. Résultat... je vous laisse découvrir, c'est édifiant, prenant.

J'avais présenté rapidement par ces quelques mots ce titre et cette collection sur FB. Par la suite, MicMelo en a écrit une ( véritable ) chronique ICI .

Appréciable, quelques pages en fin de livre replacent le texte dans son contexte historique et littéraire ( l'auteur, la nouvelle, le contexte ).

Anderson

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Dans ce titre de Poul Anderson datant de 1950, l'auteur décrit les rouages de la disparition, de la destruction, de la diversité culturelle. Respectant le genre, il imagine que cet impérialisme s'impose ailleurs, vers d'autres planètes d'une autre galaxie, la civilisation humaine étant elle-même le coeur d'une confédération. C'est évidemment de colonialisme qu'il s'agit, sous couvert de reconstructions et d'évolution technologiques, une nouvelle langue s'impose, celle de la société dominante sous prétexte qu'elle est plus adaptée, comme la monnaie, le système économique, et puis la religion, ces " mythologies " délitées par la science, celle avec une majuscule. Le récit, court, est efficace et édifiant. Toute la perversion du système pour parvenir à " la civilisation adéquat " qui feront de ces planètes, bien-sûr riches en matières premières, des états satellites ( sans jeu de mots ), transformant leur population en "humains de second ordre". Tous les aspects culturels y passent, perdant leur sens d'origine pour devenir folklore et pittoresque. L'auteur égratigne au passage le tourisme de masse pour lequel le culturel devient spectacle et articles souvenirs. Ce texte est construit en ellipses temporelles, en trois temps : les premiers accords, trois ans plus tard, cinquante ans plus tard, mettant en parallèle une planète ayant accepté l'aide humaine, l'autre l'ayant refusé. 

Le propos est tranparent à la lumière du contexte historique. Pour autant, il n'a pas perdu de son actualité. C'est le double intérêt de cette collection.

" Lorque les futurs d'hier rencontrent notre présent... "

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Aux éditions Le Passager Clandestin, je me permets de vous recommander également le recueil Lettres Rebelles ( ma chronique en lien sur le titre ) ainsi que la collection Désobéir (index des titres ICI )

Lettresrebelles

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Commentaires (4)

1. kathel (site web) 20/09/2017

Déjà notée, j'attends d'aller à la librairie, cette série est intéressante. ;-)

2. Marilyne 20/09/2017

@ Kathel : je comprends ça :)

3. maggie (site web) 07/10/2017

Je ne connais pas Anderson mais j'adore Asimov. Et cette nouvelle a l'air particulièrement tentante...J'en ai profité pour lire la chronique de MicMelo ! Je ne connais pas du tout cette édition.

4. Marilyne 07/10/2017

@ Maggie : il valait mieux lire le billet de MicMelo, le mien date de la période où j'avais mis hors ligne ce blog, je commentais juste sur FB mes lectures. J'ai repris ce blog le mois dernier. La nouvelle d'Asimov est géniale. Ce qui m'a motivée pour poursuivre avec cette collection. Merci de ta visite et de tes commentaires.

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