Djamilia - Tchinghiz Aïtmatov

Djamilia

- Folio -

- Traduit du kirghiz par A.Dimitrieva & Louis Aragon -

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Louis Aragon dit de ce roman d'une centaine de pages qu'il est la plus belle histoire d’amour du monde. Une belle d’histoire d’amour enfant de bohême, un chant à l’amour qui me semble rendre si prenant ce récit parce que l’amour y est un révélateur.

" ... peut-être bien, l'amour, est-ce aussi une inspiration, comme l'inspiration du peintre, du poète ? "

Ce roman est celui d’un adolescent, Seït, de son peuple musulman d’Asie Centrale, de bergers nomades il n’y avait pas si longtemps, du quotidien paysan d’un de leurs villages au temps soviétique, au temps de la Deuxième Guerre Mondiale, aux saisons d’été et d’automne. Et ce roman, il est à la fois tableau et chanson sur l'amour, la terre, la vie; l’amour du pays natal et de la vie, de la liberté, de la (sa) vérité. Celle de vivre selon son cœur. Et de l’exprimer. Sur les pages, les sens et les arts se mêlent, les camaïeux d’une palette chatoyante à la partition exaltée des émotions, les vibrations de la steppe et les lointains retentissements du conflit en échos.

La force des sentiments ressentis entraîne les trois personnages principaux à choisir, à se créer un destin hors des sentiers battus, chacun s’y engageant par passion. Les amants quitteront leur communauté tandis que le jeune narrateur découvrira sa vocation de peintre.

Le tableau, qui ne néglige en rien son environnement, est tout en atmosphère tracée d’une plume limpide, sensible aux moindres frémissements des paysages et des êtres, des portraits colorés et vivants jusqu’aux nuances des ombres. Entre réalisme et lyrisme, les passages décrivant les sensations qui saisissent les personnages à l’écoute d’un chant, du chant qui leur ouvre les yeux et est capable d’animer les plus secrètes pensées, sont éclatants.

Une très belle histoire pour laquelle Louis Aragon signe une toute aussi belle et intéressante préface ( que je conseille de lire ensuite pour en apprécier le propos, les mots de Tchinghiz Aïtmatov également présents ), racontant sa découverte de ce texte dans une revue soviétique, présentant l'auteur, situant le contexte géographique et historique, soulignant la pureté et la richesse de ce récit. Comme lui, j’aurai bien voulu les voir, ces dessins de Seït, fait avant toute étude, avec cette naïve audace de l’ignorance, mais où les personnages sont si reconnaissables, si ressemblants.

 " Merci, mon Dieu à qui je ne crois pas, pour cette nuit d’août à laquelle je crois de toute ma foi dans l’amour " - L.Aragon.

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- Le billet de Mina, parvenue à me convaincre que cette lecture était pour moi... -

- De la Pile à Lire 2014 avec Antigone -

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Commentaires (17)

1. keisha 20/01/2014

Dans ma LAL "historique" depuis que je suis allée dans son pays (magnifique!)

2. claudialucia (site web) 20/01/2014

Quelle belle histoire. Je note ce roman;encore un! Et j'aime aussi la citation de Louis Aragon.

3. Mina (site web) 20/01/2014

Quel bel article... Je savais que tu serais sensible à ce tableau et à cet éveil artistique. Tu m'as donné envie de le relire, juste pour la beauté de ces mots.

4. jérôme (site web) 20/01/2014

Pffff, je suis encore obligé de noter. En plus il est dispo à la médiathèque...

5. Tania (site web) 20/01/2014

Traduit du kirghiz - une littérature qui m'est inconnue, une raison de plus pour découvrir ce roman.

6. Anne (site web) 20/01/2014

Tu as le sens de l'évasion, toi ! Et tu partages bien...

7. antigone (site web) 20/01/2014

C'est vrai, tu donnes vraiment envie de lire ce livre... et puis Aragon.

8. Marilyne 20/01/2014

@ Keisha : tu me fais rêver...
@ Claudialucia : la préface d'Aragon est un bel hommage à ce texte, c'est pourquoi il me semble préférable de la lire ensuite.
@ Mina : j'ai tardé, tu avais raison. Pour une fois, je n'ai pas ajouté d'extraits longs, j'ai hésité mais, non, pas envie d'isoler les phrases, d'en faire un paragraphe.
@ Jérôme : ben ça, c'est pas de chance...
@ Tania : elle m'était absolument inconnue aussi, un récit en hymne.
@ Anne : si je te dis qu'en ce moment je suis au Cambodge...
@ Antigone : j'espère vous rendre curieux. Par cette traduction, c'est le vœu d'Aragon, de nous découvrir ce récit et ce monde.

9. lounima (site web) 20/01/2014

Une très belle histoire, en effet. J'ai beaucoup apprécié cette lecture également même si je ne qualifierais cependant pas cette lecture comme étant la plus belle histoire d'amour de la littérature.
Comme toi, je trouve la préface d'Aragon vraiment très belle.
Tu devance de quelques semaines mon avis sur cette lecture (j'ai un retard monstrueux que je tente petit à petit de rattraper mais je ne désespère pas)... ;-)

10. lounima (site web) 20/01/2014

Oups... Tu devances... ;-)

11. Praline (site web) 21/01/2014

Plus qu'une histoire d'amour, pour moi cette lecture est celle d'un apprentissage de la liberté.

12. Marilyne 21/01/2014

@ Lounima : ce qui m'explique pourquoi je n'ai pas trouvé ton billet sur tes pages alors que tu m'avais dit l'avoir lu... ^^
@ Praline : oui, nous sommes donc d'accord, et d'autres thèmes aussi, l'expression par l'art, l'attachement fondateur à une terre et un certain regard sur ces racines. J'ai également apprécié tous ces portraits " secondaires " si présents.

13. Aifelle (site web) 21/01/2014

Il est dans ma PAL depuis trop longtemps !

14. Martine (site web) 21/01/2014

C'est curieux, je me dis que je vais faire comme celles et ceux qui ont écrit avant moi : je vais lire ce texte dont Mina et toi dites tant de bien !

15. Marilyne 21/01/2014

@ Aifelle : pas loin de deux ans chez moi... ( en même temps, c'est le principe de la Pal ^^ )
@ Martine : je ne crois pas que tu seras déçue.

16. Dominique (site web) 21/01/2014

un roman que j'ai noté depuis longtemps mais toujours pas lu

17. Marilyne 21/01/2014

@ Dominique : je ne suis pas étonnée que tu l'aies noté, je suis certaine qu'il t'intéressera !

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