Les herbes m’appellent – Niji Fuyuno & Ryu Yotsuya – Thierry Cazals

75898561 p

- Editions L’iroli - 

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Trois poètes. Une rencontre. L’amitié entre un couple d’haïjins et un auteur français.

Dans ce recueil, Thierry Cazals nous invite à la découverte des vers de la poétesse Niji Fuyuno ( décédée en 2002 ) et du poète Ryu Yotsuya, à  » un voyage en compagnie de ces deux voix du Soleil Levant « ; deux artistes japonais maîtrisant suffisamment le français pour traduire leurs propres haïkus. L’édition propose donc les poèmes dans leurs trois versions – romanji ( lettres de l’alphabet romain pour écrire le japonais ), calligraphie japonaise, français -, commentés en deuxième partie de l’ouvrage à travers deux essais en hommage et en re-connaissance de l’art du haïku.

En préface, Thierry Cazals revient sur l’historique du haïku en France ( accessible en traduction depuis à peine plus d’un siècle ), sur celui du  » haïku à la française  » que tentèrent de pratiquer les poètes français dès le début du XXème siècle ( Max Jacob, Paul Claudel, Eluard … ) lecteurs des maîtres classiques ( Bashô, Issa … ) avant que ne soient traduits des poètes japonais du XXème siècle tel Sôseki, suivant ainsi le parcours de l’éditeur et du lecteur français ( saluant la publication de cette belle anthologie Du rouge aux lèvresconsacrée aux poétesses japonaises ), l’évolution de notre lecture de ce  » phénomène poétique « , celle de l’écriture au Japon aujourd’hui. Car, ce recueil, c’est le haïku d’aujourd’hui, des poètes contemporains, un univers contemporain, des mots contemporains qui ne dénaturent pas l’art du haïku.

Les emails courent

Dans la nuit de ce monde 

Tempête d’hiver

- Ryu -

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Thierry Cazals rappelle justement l’esprit et l’esthétique, l’essence, du poème court japonais, plus loin que ses règles traditionnelles, plus loin que l’image des images bucoliques :  » C’est une loupe idéale pouvant capter l’éclat de l’éphémère, le frisson de l’indicible, le mystère à l’état brut. [...] Dès l’origine, le haïku est ouvert à tous les infinis – enfer comme paradis.[...] Du fait même de sa concision et de son mutisme abyssal, il nous laisse la liberté de vagabonder entre les mots, d’en savourer toutes les nuances et les résonances. D’une certaine façon, chaque lecteur de haïku participe à son écriture… »

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Attraper un papillon blanc

Dans mes mains

Un acte langoureux aussi

- Ryu -

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Il est difficile de présenter un recueil poétique – je crois que la poésie est un espace littéraire au-delà des mots, ceux du l’auteur et les nôtres; notre monde d’émotions, notre sensibilité aux moments de pure vie – comme il est difficile de dire à un poète. Je préfère simplement le citer à nouveau :  » La meilleure façon de parler poésie, selon moi, c’est justement de ne pas en parler directement. [...] les haïkus ne sont pas que des poèmes. Ce sont des instants de vertige et d’acquiescement. « 

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Fête de printemps -

Du fond de l’eau

Les herbes m’appellent

- Niji -

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- Le site de Thierry Cazals ICI -

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