Philippe-Henri Turin

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Illustrateur pour la jeunesse, Philippe-Henri Turin vient de signer en collaboration avec Alex Cousseau le fantastique album Charles à l’école des dragons ( chronique catégorie coup de coeur ICI )

Je remercie infiniment cet artiste trop modeste d’avoir si spontanément accepté de répondre à mes questions. A toutes mes questions, je ne l’ai pas épargné.

Il a pris le temps d’expliquer avec précision tous les aspects du travail de l’illustrateur jeunesse – les techniques, la relation aux éditeurs, aux auteurs, aux lecteurs -, de revenir sur son parcours professionnel, de raconter les dragons et les projets.

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Vous illustrez des textes pour enfants depuis les années 90 ( presse et éditions ). Pouvez-vous nous raconter les belles aventures, les grandes déceptions; nous parler du talent de s’adapter aux enfants ?

 J’ai effectivement commencé en 1991, après mon départ des studios FOLIMAGE de Valence ( studios d’animation ) où j’ai travaillé pendant une année. Mon premier vrai travail d’illustrateur professionnel publié fut La bague aux trois hermines, un roman d’Evelyne Brisou-Pellen. Ce travail fut mené conjointement avec deux autres livres, deux albums, l’un que j’avais écrit Warf le pirate, dessiné par Christophe Durual, et l’autre dessiné en collaboration avec le même Durual, Les Ogres – texte de Sylvie Chausse -

Si je vous parle de ces deux livres, parus seulement en 1993, c’est qu’ils sont importants dans mon début de carrière. Ils m’ont fait rencontrer un éditeur passionnant et passionné, monsieur Jacques Binsztok. Sans lui, rien ne serait arrivé. Il m’a mis le pied à l’étrier alors que je n’avais encore publié aucun livre. C’était courageux de sa part. Mais je parle là, pour moi, d’un Grand Monsieur de l’édition. Ensuite les années se sont écoulées, emplies d’illustrations diverses et variées, certaines pour des livres passés totalement inaperçus et d’autres qui m’ont permis de vivre de ce métier.

Mais la plupart du temps, et c’est ce qui compte, encore aujourd’hui, ce sont les rencontres avec les éditeurs et les autres artistes. J’ai parfois réussi le tour de force de me fâcher avec certains, sans regret, même si ça laisse toujours un goût amer, et j’espère que d’autres m’aiment bien malgré mon fichu caractère et mon franc-parler.

Quant aux grandes déceptions, je n’en vois pas. Excepté le fait de ne pas être plus connu, plus reconnu par la profession et plus acheté, mais ça, on n’y peut rien. Chaque illustrateur fait ce qu’il sait faire, travaille son style et ses idées, creuse sa propre ornière et seul un petit nombre d’auteurs et de dessinateurs arrive à toucher une foule de lecteurs et à être reconnu comme artiste. Je pense que pour beaucoup de gens de l’édition, je fais partie des bons « faiseurs », mais je ne suis pas un créateur avec son propre langage et une vision novatrice. Tant pis. Ils ont sans doute raison. Toutefois je reste dans l’ensemble assez content de mon sort. J’ai toujours pu intéresser des éditeurs et trouver assez de lecteurs pour pouvoir poursuivre ce métier. C’est déjà beaucoup, j’en suis conscient. Et puis je fais ce qui me plaît, que demander de plus ?

Je n’ai pas le talent de certains confrères pour parler de mon travail. J’en connais qui sont capable d’analyser le pourquoi et le comment, leur conception de l’illustration. Moi, j’ai toujours eu du mal à analyser les choses. Toutefois, je peux dire que je ne pense pas vraiment aux enfants quand je dessine. Je me fais plaisir. Je cherche comment exprimer au mieux une idée ou une action. Qu’est-ce qui pourra le mieux intriguer ou émerveiller l’enfant que je suis encore, malgré mes rides et mes cheveux blancs… Disons poivre et sel.

La seule chose qui m’importe, c’est d’être lisible pour le lecteur. Et il se trouve que mon lecteur est avant tout un enfant. Quand je dis lisible, c’est immédiatement, sans que l’on ait l’impression de faire un effort. On pourra certainement découvrir des détails dans l’image, mais celle-ci, globalement, doit être lisible sans effort. C’est ça ma conception, et elle ne regarde que moi. Chacun voit midi à sa porte, comme on dit. D’autres artistes nous donnent à voir bien d’autres images qui sont fascinantes et que j’aimerais savoir faire, malheureusement ça m’est impossible. Manque de talent ou d’imagination, manque de technique, autre façon de voir les choses…

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Vous êtes l’illustre illustrateur de deux magnifiques albums sur les dragons. Etes-vous un passionné de cet univers fantastique ? Comment se perd-on au pays des dragons ? Pour Philippe-Henri Turin, un dragon, c’est quoi ?

Le premier livre sur les dragons, Tendres Dragons, est né grâce à Sylvie Chausse, un auteur avec qui je travaille depuis le début de ma « carrière ». C’est elle qui a eu l’idée et l’envie de faire ce livre, c’est elle qui a commencé à poser les pieds sur ce territoire immense qu’est le pays des dragons. Comme elle dit :  » un puits sans fond, un pays sans limite « .

Les légendes humaines, sur toute la terre, parlent d’animaux incroyables, fantastiques, qui représentent les forces de la nature. Pas un peuple n’a oublié d’avoir du respect ou de la crainte pour ces créatures. Moi, j’ai suivi. Je regardais et lisais peu de livres de fantasy à l’époque. Puis, par la force des choses, le besoin d’avoir une base solide pour que mon imagination se développe, j’ai trouvé, de mon côté, mille et un livres, mille et une images. Alors le plaisir de les dessiner est venu peu à peu. Mon choix de les représenter ainsi que le fait chaque peuple a été le déclencheur, tout autant que la découverte des sublimes illustrations de Wayne Anderson ( flight of the dragons, Dragons: Truth, Myth and Legend, Year of the dragon…). Sa manière de voir les dragons m’a ouvert l’esprit et libéré le crayon. Un miracle. Grâce à lui, j’ai pu sortir de la sempiternelle représentation occidentale du dragon cracheur de feu et destructeur de châteaux. A partir de là, je me suis aventuré avec mes propres armes sur ce territoire et suis tombé amoureux de toutes ces formes, de toutes ces créatures… Depuis, pour moi, le dragon représente la liberté de faire ce que je veux, les formes que je veux, sans me soucier de réalisme. Juste le plaisir de dessiner sans contrainte. On me dit souvent:  » Tu n’en as pas marre de dessiner des dragons ? Fais aussi autre chose !  » Et je réponds sans me lasser:  » Non !  »

Reproche-t-on à certains de ne faire que des petits insectes amusants ou des ours adorables ou des poules aventureuses ou des petites filles espiègles ou des tortues attachantes ? Non, bien sûr. Mais la France n’est pas vraiment un pays pour les dragons. Ce mythe a une vie plus forte dans les pays anglo-saxons.

Quant au deuxième livre, Charles à l’école des dragons, il est né bien autrement. Lors de mes dédicaces pour Tendres Dragons, j’entendais certains parents dirent à leurs enfants qui voulaient ce livre qu’ils étaient trop jeunes pour le texte, qu’il fallait qu’ils grandissent avant de pouvoir le lire. Piqué au vif, j’ai commencé à me dire que je devais faire un album pour les plus jeunes. J’ai eu l’idée du personnage et j’ai décidé d’appeler mon complice sur les ouvrages publiés à l’Ecole des loisirs, Alex Cousseau ( Charles à l’école des dragons est la septième collaboration des deux compères ). Et c’est ainsi qu’est né Charles. Je voulais faire un album avec la même technique que pour Tendres Dragons mais avec tout ce que j’avais appris en travaillant pour « Mille et une histoires », le magazine de Fleurus presse, et pour l’Ecole des Loisirs. A savoir, la lisibilité extrême même dans le plus grand capharnaüm. J’espère y être arrivé. Et je suis tellement content de notre personnage, que je travaille sur une deuxième histoire écrite par Alex. Et plus si affinité…

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Pourquoi le choix d’un album IMMENSE pour Charles à l’école des dragons ?

J’ai d’abord choisi un livre immense en réaction à ce qui restera notre dernier livre à l’Ecole des Loisir, l’Endroit rêvé . Pour celui-ci, j’avais voulu faire un petit format. Malheureusement, ce fut une expérience et un choix malheureux. Je me suis dit que le prochain serait grand, grand , grand…

Je voulais qu’on le voit de loin, que les enfants se perdent dedans. La contrepartie, c’est que ce sont des livres qu’on ne peut pas mettre dans la poche et qui sont difficiles à ranger dans une bibliothèque. Mais bon, il faut choisir. On ne peut pas avoir les deux. J’ai donc visé les formats des livres de Claude Ponti. Je les ai mesurés dans une librairie et vogue la galère ! Je n’avais plus d’éditeur à ce moment-là, j’ai donc fait ce qu’il ne faut jamais faire : j’ai travaillé comme j’ai voulu sans tenir compte de rien ni de personne. Je suis parti dans le vide. Sans éditeur, je n’avais plus de contrainte. En revanche, une fois l’éditeur de Charles trouvé, nous avons dû adapter mes dessins à un format un peu plus en hauteur que ceux de Ponti, d’où quelques pertes légères par rapport aux originaux. Heureusement j’avais fait beaucoup de coupe sur ceux-ci. Le Seuil Jeunesse a eu, ainsi, tout le loisir de choisir le meilleur cadrage pour chaque dessin. Et je dois dire qu’ils ont fait un travail superbe. Et je ne parle pas du travail de la maison Quadrilaser qui a scanné les dessins et de l’imprimeur chinois… tous ont fait un travail incroyable. Quand je regarde le livre, j’ai l’impression de voir mes originaux. C’est fabuleux comme sensation. Et rare, vous pouvez me croire.

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Vous avez travaillé plus d’un an sur l’album Charles à l’école des dragons et deux années sur le recueil Tendres Dragons. J’aimerais tout savoir de vos secrets de fabrication : le prénom de votre muse,  vos sources d’inspiration, vos techniques de dessin et de colorisation, vos préférences, le moment où vous êtes enfin satisfait, si vous travaillez en collaboration avec l’auteur au fur et à mesure de la création ou si vous êtes seul face au texte … ?

Ohlala ! Que de questions en une seule ! Bon, on respire très fort et on y va. Une réponse après l’autre.

Tout d’abord, il n’y a pas de muse. Je suis seul face à mes dessins, seul avec mes créations. Mais les amis sont intraitables et sans concession. Quand ça ne va pas, ils ne se gênent pas pour le dire. Ce qui permet de progresser encore et toujours. La première des inspirations, c’est la tête. Ce qu’on imagine quand on lit un texte. C’est très dur d’expliquer aux gens. On le ressent. C’est impossible d’y échapper. presque automatique. Puis je lis beaucoup et regarde beaucoup ce que font les autres dessinateurs. Il y en a dont le travail me passionne au point d’essayer de les recopier pour comprendre leurs secrets. La plupart du temps, c’est en vain. Mais ça me permet de trouver d’autres voies. Ensuite c’est le travail. Répétitif. Quotidien. Comme un ouvrier sur son établi. Lentement, on ponce, on rabote, on gomme, on reprend, on refait, on éclabousse, on javelise… Jusqu’à ce qu’on pense avoir trouvé. Au moment où on y arrive, c’est un grand bonheur. Mais souvent, quelques mois plus tard, on se dit qu’on aurait pu faire mieux. Mais ce n’est pas grave, l’essentiel étant d’avancer afin de progresser. J’ai rarement rencontré des confrères parfaitement content de leur création une fois celle-ci finie et publiée. On en voit souvent que les défauts.

Pour Charles, mes sources d’inspirations ont été assez succinctes. Je me suis servi de mon travail sur Tendres Dragons, puis de ma petite tête. Je ne saurais pas expliquer d’où sort Charles. J’ai juste eu l’idée un matin de faire un petit dragon, moitié occidental, moitié oriental. Je l’ai gribouillé une fois. dessin nul. Rien. Jeté. Puis une deuxième fois. Et là, le déclic. il était là. J’ai d’ailleurs utilisé ce dessin représentant uniquement Charles dans la page de garde. Trop heureux d’avoir fait ce premier jet, je me suis mis à le dessiner sur une page gigantesque en train de voler, les bras écartés, les ailes majestueusement déployées. Et voilà, c’est devenu la première illustration de ce projet et le dessin où Charles jette son cahier et s’envole enfin. Je ne me suis pas posé de question pour la technique puisque c’est celle que j’avais utilisé deux ans pour Tendres Dragons. Une fois la couleur faite, j’ai appelé Alex Cousseau et on a discuté de tout le livre.

La technique. Oh ! Que ça va être dur d’expliquer. Enfin on va tenter d’être bref ( ça va être dur ) et clair ( c’est presque impossible pour moi ). Une fois le crayonné de l’illustration fait, j’en fais un encrage. Pour ça, j’utilise la table lumineuse, des plumes et de l’encre Sennelier brou de noix. Celle-ci a l’avantage d’être relativement indélébile une fois bien sèche. Sur mon papier Ingres MBM, le dessin encré n’attend plus que je pose mes lumières et mes volumes. Je les fais avec la même encre, en lavis.

Une fois le tout bien sec, je tends ma feuille sur une planche. Et là, le travail de la couleur peut commencer. Pour ça, j’utilise des encres colorex que je pose en aplat, que je mélange, que je module avec plus ou moins d’eau. Quand je suis satisfait du résultat, j’attaque avec la gouache. Quelques touches pour rehausser les lumières, les volumes… Parfois les crayons de couleur ou les pastels secs sont indispensables pour apporter une touche finale. Et voilà. Après, tout n’est qu’une question de patience et de travail, d’habitude et d’envie.

J’ai longtemps travaillé avec de l’aquarelle, de la gouache, mais c’est un ami, Christophe Durual, qui m’a montré cette technique, et ça a été la révélation. Je me sens à l’aise et libéré depuis que je travaille de cette manière. Je crois que chacun se cherche dans ce métier. Et quand la technique est acquise, l’imagination peut encore plus se libérer. Mais parfois, l’imagination vient lors de la découverte d’une nouvelle façon de travailler.

Bon sang, qu’est-ce que vous me faites écrire! J’espère ne pas être ennuyeux pour ceux qui me lisent.

( j’aime vous lire au moins autant que vous écouter ou vous regarder dessiner, monsieur Turin -)

J’ai toujours travaillé, en tout cas pour les livres, en collaboration avec l’auteur. Souvent même, dans le cas d’album pour la jeunesse, l’auteur réécrit son texte, le coupe, le modifie pour que l’image et les mots se répondent encore mieux. J’ai un immense respect pour les écrivains, pour le pouvoir d’évocation des mots. C’est fascinant. Parfois l’auteur me donne même une idée d’image. Alex et Sylvie ne s’en privent pas et c’est très bien. Le livre, quand on est deux, se fait à deux. Et je ne me prive pas, moi non plus, de proposer quelquefois des phrases.

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Vous participez à des animations scolaires autour de ce thème des dragons. Comment se déroulent-elles ? Pourriez-vous raconter cette expérience de rencontre avec les lecteurs ? Comment partagez-vous avec eux la lecture de l’image ? Quelles sont les réactions des jeunes ?

Depuis le début de ma carrière, je fais des rencontres scolaires, comme beaucoup d’auteurs. Mais tout s’est accéléré avec mes livres de l’École des Loisirs. J’ai été contacté par certaines classes qui connaissaient mon travail dès que le premier livre sur les dragons est sorti.

Pour ma part, je laisse les enseignants et les élèves libres de choisir la manière d’aborder l’ouvrage, soit par le texte, soit par l’image. Je m’adapte, ou du moins j’essaye. Seules les classes dans lesquelles je suis intervenu pourraient dire si elles ont été satisfaites par mes interventions. En tout cas, je le souhaite grandement. Ce serait dommage sinon.

Souvent les enfants posent des questions sur le livre, la manière de le faire… Finalement les mêmes questions que vous ou la plupart des adultes. Je leur réponds dans la mesure du possible, puis je leur montre les originaux, je leur fais un dessin en direct. Et eux me montrent le travail qu’ils ont fait à partir du livre, travail dessiné ou écrit. Il est évident que l’intervention est plus ou moins approfondi suivant l’âge des enfants. J’adore ça. Ces rencontres sont épuisantes mais font un bien fou. J’ai rarement été déçu. Le voyage en train pour y aller est souvent plus exténuant. Parfois j’aimerais savoir comment interviennent les autres auteurs ou dessinateurs afin de comprendre ce que je pourrais améliorer ou changer. Mais, c’est comme le dessin, chacun réagit à sa manière devant la feuille blanche ou le tableau noir.

En ce qui concerne les dragons, les enfants adorent ça. Ces bestioles ont un succès fou. Quand je montre les originaux ou quand les enfants voient, dans une bibliothèque, l’exposition organisée par l’Imagier Vagabond, c’est l’étonnement devant leur éclat et leur grandeur. J’essaye de leur parler des légendes humaines qui concernent ces créatures imaginaires et pourtant si présentes.

Quant à Charles, je ne sais pas encore comment ça se passera, il est tout neuf. Il n’a pas servi comme on dit. Qui vivra verra.

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Vous avez tenté l’écriture. Alors, c’est comment la plume plutôt que le pinceau ?

J’ai effectivement écrit quelques textes, dont la plupart sont resté inédits.

Trois ont été édités ainsi qu’une histoire pour le magazine Je lis des Histoires Vraies. J’ai écrit les aventures de Warf le pirate qui m’ont amené à commettre un roman, La Bombarde, publié également au Seuil, il y a bien longtemps. Ces quatre textes parlent tous de la piraterie. J’ai un faible pour le début du dix-huitième siècle et pour ces gaillards hirsutes et bagarreurs. J’adore les livres de cape et d’épée. J’essaye de faire lire à tout le monde les Pardaillan de Michel Zévaco, une merveille absolue.

La plume, ce n’est pas mon instrument de torture préféré, mais j’aime bien ça. Je l’ai approché un peu par hasard, pour mon collègue Christophe Durual, alors que nous étions encore à l’école de dessin. Il s’agissait en fait d’un diplôme de fin d’étude pour lui. Et l’envie d’un éditeur de le publier m’a poussé à le retravailler. Depuis j’ai récupéré les droits et je l’ai longuement retravaillé. Alex Cousseau, un vrai auteur, lui, y a même mis son grain de sable, un vrai rocher devrai-je dire. Nous cherchons un éditeur pour cet affreux jojo. On ne sait jamais si certains venaient à lire ces lignes…

L’expérience avec le roman a été bizarre, différente du dessin, plus étonnante car très éloignée de moi. Je suis quelqu’un de l’image, en fait, même si des gens ont bien aimé ma manière d’écrire, d’agencer les mots et les idées.. Vous n’imaginez pas à quel point je peux admirer et parfois envier un artiste comme François Place qui fait les deux, écrire et dessiner, à merveille. Et, curieuse coïncidence, c’est lui qui a fait la couverture du tout premier livre que j’ai illustré, La bague aux trois hermines, dont j’ai parlé dans ma première réponse. A l’époque, on ne se connaissait pas du tout. La vie est étonnante et permet de rencontrer des gens fascinants et talentueux.

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Aujourd’hui, avez-vous des livres, des auteurs, des illustrateurs fétiches en littérature pour la jeunesse ? Et petit garçon, que lisait Philippe-Henri Turin ?

J’aime particulièrement Zévaco, Stevenson, Mervyn Peake (en tant qu’auteur de la trilogie de « Gormenghast » ou de « Monsieur Pye » et en tant qu’illustrateur. Il faut avoir vu sa version d’Alice au pays des Merveilles, son « Ile au trésor » et lu ses « lettres à un oncle perdu »: que des merveilles ! ) et bien d’autres encore. Moi qui n’était pas un grand lecteur à la fin du cursus scolaire, je le suis un peu devenu depuis. Ces auteurs peuvent être lu par des jeunes bien entendu. Pour Peake, c’est moins évident.

En tant qu’illustrateur, j’adore le travail de Frédéric Pillot, Christian Heinrich, Loic Jouannigot, Tomi Ungerer, Maurice Sendak, Ralph Steadman, Wayne Anderson…. Je pourrais en citer tellement.

Petit garçon, je lisais peu de roman mais j’étais un dévoreur de bandes dessinées, un fanatique pourrait-on dire. Astérix, Lucky Luke, Gaston, Tintin… bref tout ce qui est légendaire dans la bande dessinée franco-belge. Et oui, je suis trop vieux pour avoir été imprégné de culture nippone. Mais je dois avouer que je lis de moins en moins de BD, au fur et à mesure que je découvre le monde des romans. Il me manque souvent quelque chose en les lisant, même la bande dessinée qu’on dit plus « intellectuelle », plus moderne qui a parfois une fâcheuse tendance à (restons poli) m’ennuyer.

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